3 trucs bien – jours de mars

vendredi 1er mars
me lever plus tôt et préparer ma réunion de 9h fissa fissa au saut du lit
la soirée avec A. et S., le bon vin, le bon fromage, et au milieu de ne pas me sentir à ma place, le plaisir tout de même de notre parenthèse « recommandations culturelles »
les mots even the sun travels from dark to dark and I am not the sun. Yes, even the sun de Janet Frame cités par Guillaume Vissac

samedi 2 mars
reporter le point de travail prévu avec M. à 14h
lire le journal d’Amélie et lancer l’interview de Clémentine Beauvais
tirer une carte oblique : it is quite possible (after all)

dimanche 3 mars
rassembler des traces (vieux mails) pour mon texte
emmener P. avec moi faire ses courses puis au restaurant, le voir retrouver son sourire et l’oeil pétillant
notre check hebdo avec A.

lundi 4 mars
me lever plus tôt et rattraper quelques retards de boulot avant la réunion du matin
passer par la librairie chercher ma réservation avant de rentrer
arrêter de lutter le soir et accepter que je suis K.O.

mardi 5 mars
terminer l’interview de Clémentine Beauvais, les mots faire le temps, inspirés de l’anglais make time
une réunion intéressante avec ma cheffe
travailler longuement avec M. dans un bar le soir

mercredi 6 mars
les mots Construire son propre temps, c’est prendre soin de soi de Solange Vissac
le soleil couchant derrière mes yeux mouillés et les arbres du Luxembourg
le « feu vert » de nos encadrantes mercredi soir pour avancer dans l’intervention

jeudi 7 mars
comprendre que ma voix douce et le ralentissement de mon corps sont un « mode survie », comme un escargot rentre dans sa coquille
rentrer
me coucher

vendredi 8 mars
que ce soit vendredi
le soleil par la fenêtre
voir A. et R., et dire des mots comme hard week…need to rebuild myself en commandant le fondant au chocolat

samedi 9 mars
dans mon zibaldone, écrire une liste intitulée « ce sera un bon week-end si… »
déjeuner avec P. dans un nouveau restaurant puis l’aider pour ses courses
me laisser porter par ce que mon corps peut, et me diriger, fantômatique, vers la gare routière

dimanche 10 mars
le soleil dans les nuages noirs
le rendez-vous de travail avec M. pour préparer la réunion du 12 mars
avoir les bons mots et le bon ton, je crois, pour répondre à ses remarques sur la réunion du 29 février

lundi 11 mars
aller au bout de deux choses en attente au boulot
un film pour ne plus penser le soir
le cookie

mardi 12 mars
mettre le réveil une heure plus tard
notre présentation avec M. devant les professionnels pour leur proposer l’intervention
m’arrêter dans une bonne boulangerie prendre un dessert inédit

mercredi 13 mars
les bons retours sur mon travail et mon intégration
oser dire mes difficultés et inquiétudes dans le travail
respirer mieux après cela

jeudi 14 mars
rattraper mon journal le matin
le soleil couchant sur l’immeuble rouge du canal
écouter le replay de Christine Angot à la Grande Librairie, puis retrouver A. et E. pour dîner

vendredi 15 mars
arriver tôt au bureau et acheter des pains au chocolat pour bien débuter notre journée en petit comité
avancer bien bien bien et avec plaisir sur une tâche importante que je repoussais
continuer la série Soupçons de Jean-Xavier de Lestrade le soir, me faire la réflexion qu’il n’y a aucune oeuvre de lui, documentaire ou fiction, que je n’ai pas aimée

samedi 16 mars
la découverte de ce poème de Julio Cortázar grâce au journal de Guillaume Vissac ; immédiatement cueilli pour mon texte
la voix et les mots de Leonard Cohen : Everybody got this broken feeling (…) Everybody wants a box of chocolates. And a long stem rose. Everybody knows
commencer la masterclass « Ecriture de soi » de Chloé Delaume

dimanche 17 mars
retourner dans ma ville d’enfance pour déjeuner avec P. M. B. M. et C., sourire en regardant l’immeuble où j’ai grandi, prendre les rues et la vague de nostalgie
les rires de M. et C.
terminer la masterclass de Chloé Delaume, parfaitement adaptée à ce que je cherchais et ce dont j’avais cruellement besoin

lundi 18 mars
les mots au lieu de rien quand même dans le poème de Caroline Dufour
murmurer me détacher, me détacher en partant du boulot
sur le trottoir devant moi, ce chien qui veut tout renifler, tout sentir, et tire si fort sur sa laisse

mardi 19 mars
recevoir deux messages supplémentaires pour le volontariat sur l’intervention, six au total
croiser Lola Lafon dans la rue, en rentrant du bureau
avoir M. au téléphone le soir, compréhensive, empathique sur mes problèmes de boulot

mercredi 20 mars
et un septième volontaire
relire un post-it compliment laissé par une formatrice pour me remercier de mon travail, y trouver un peu de paix et d’entrain
sourire à la vue du bâtiment où je me rends tant de soirs pour étudier depuis bientôt 5 ans

jeudi 21 mars
me lever tôt, partir tôt, arriver tôt au bureau, le doux des heures et des rues avant la cohue
sentir la formatrice du jour touchée par mes retours sur la qualité de son animation
notre check avec A.

vendredi 22 mars
encore très tôt, les rues plus douces, vivables
découvrir des outils créés pour l’accompagnement des enfants, et me noter de les tester pour moi
notre point de travail avec M. le soir pour l’intervention, plus long que prévu, 2h30 au total, mais riche, utile et efficace

samedi 23 mars
l’une des participantes, réfractaire le premier jour, qui se tourne vers moi dans la matinée et me chuchote dans un grand sourire oh c’est super intéressant !
les mots écouter, c’est agir prononcés par l’une des formatrices
dans l’embrasure de la porte, les mots de ma collègue bravo pour l’organisation

dimanche 24 mars
faire mon brillant d’équinoxe qui commence par Choses qui ont changé ces 3 derniers mois
le brunch avec M. et l’emmener voir l’immeuble où vivait le père biologique de notre grand-père
marcher entre les gens et le silence

lundi 25 mars
ciel
midi coréen
retour, m’abriter

mardi 26 mars
les mots de Séverine Daucourt dans le podcast d’Anne Savelli : se réfugier le corps dans les mots
encore les mots de Séverine Daucourt : écrire requiert pour moi une sorte de santé que la plupart du temps je n’ai pas, parce que je suis trop fatiguée par le travail alimentaire
la voix de Laurie Wagner dans le replay du jour 1 de sa nouvelle série Wild Writing

mercredi 27 mars
le petit mot de M. qui a laissé un livre à mon attention sur le bureau
me sentir mieux et à ma place quand j’approche, sur l’autre rive, du bâtiment du mercredi soir
finir plus tôt la séance du mercredi soir et partager planche et verre avec les collègues, fêter le fait qu’on a tous un terrain d’intervention

jeudi 28 mars
me sauver mentalement en regardant les fleurs voler par la vitre
me répéter les mots dits par une des collègues du mercredi soir ne pas avoir d’attentes
ranger mon bureau, jeter, classer, faire place nette

vendredi 29 mars
ne pas aller au bureau
un savoureux déjeuner avec M.
me faire plein d’autocadeaux : les Poèmes fondus de Michelle Grangaud, Oeuvres I de Danielle Collobert, et les kits de poche audio d’Amélie Charcosset

samedi 30 mars
aller voir le joli spectacle de M. et B., le plaisir de voir M. et C., B. et B., et P.
regarder par la vitre de la ligne L., me demander quelle vie je veux
la Tour eiffel de loin

dimanche 31 mars
voir la pièce époustouflante 4211km, les chaudes larmes, et l’ovation
le replay de la rencontre avec Neige Sinno à la Maison de la Poésie
les arbres verts, les nuages noirs et quelques rayons de soleil sur le haut des façades

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